Un repas partagé

Quand le quotidien n’est pas organisé par classes d’âge, les relations entre élèves d’âges différents se tissent naturellement. 

Une scène récente en donne un aperçu à l’ESL.

Une petite fille de quatre ans et demi venait d’arriver à l’école. Elle était encore en phase d’observation. Elle était discrète et réservée, et prenait doucement ses marques.

À l’heure du déjeuner, elle s’est installée seule à une petite table. Elle mangeait tranquillement, très autonome.

Deux adolescents de douze ans, un garçon et une fille, énergiques et plein d’entrain, l’ont rejointe. Lorsqu’ils se sont installés avec elle, ils ont adapté leur énergie, et ont commencé à discuter avec elle avec douceur. 

Elle leur a raconté ce que les enfants de 4 ans ont l’habitude de raconter : elle a plusieurs boîtes de repas de couleurs différentes, elle aime les oiseaux, elle a mangé de la galette des rois avec ses parents. Ils l’ont interrogé sur ses couleurs préférées. Ils ont ri ensemble et partagé leur repas. 

Ce qu’ont dit les ados de cette nouvelle élève : “Elle est trooooop mignonne!”

Ce genre de scène est fréquent ici. 

Un plus grand qui aide un plus jeune à réchauffer son plat, un autre qui montre comment faire ses lacets. Cela peut aussi être un dessin commencé à plusieurs, sans que l’âge n’entre vraiment en ligne de compte. Régulièrement, un enfant de 10 ans construit un circuit de train ou fait un jeu de construction avec ceux de 5 ans.

La coexistence des grands et des petits fait partie du quotidien.

La plupart du temps, les activités se font naturellement entre enfants d’âges proches : les 4–6 ans ensemble, les 6–9 ans, les préadolescents et adolescents plus grands entre eux. Mais régulièrement, on observe aussi des interactions entre des âges très éloignés, comme ce midi-là.

Ces moments sont souvent touchants, mais surtout très simples. Ils ne sont ni organisés, ni encouragés de manière artificielle. Ils émergent parce que le cadre le permet.

Ici, les élèves ne sont pas toute la journée en classes séparées par année de naissance. Cette absence de cloisonnement laisse la place à des rencontres naturelles entre âges différents. Les ados sont en contact régulier avec des très jeunes. Parce qu’ils les côtoient régulièrement, ils apprennent à connaître leur manière de fonctionner et de parler, de considérer le monde. Cela leur permet de développer une certaine forme d’attention et de bienveillance envers les plus jeunes. 

Ce sont ces petites scènes du quotidien qui racontent le mieux ce que vivent les enfants ici.

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